La bouffe de Noël

J’ai beau ne pas être une grande fan des réunions familiales et ne pas être catholique, je crois que j’aime bien Noël quand même, finalement. Pour la simple et bonne raison que c’est un des moments de l’année où tu peux te faire péter le bide, et que c’est toujours ça de pris.

En plus, l’intérêt de Noël en famille, c’est de manger des trucs que je ne pourrais jamais me payer d’habitude, comme du foie gras. Oui, je sais, le foie gras c’est mal, en plus de tuer des animaux c’est de la cruauté en les gavant dans des élevages industriels merdiques, mais quand je vois les tranches sur la table je saute quand même dessus. Pour me déculpabiliser, j’essaie de me dire que de toute façon, la pauvre bête est morte, et que si j’en prends triple ration, c’est toujours ça que les hétéros n’auront pas.

Évidemment, Noël, c’est aussi la pelletée de  chocolats, de bûches, qui ont l’avantage de ne même pas poser de problème moraux. Et quand tout ça est fini, il y a toujours moyen de prendre un air triste et de dire «c’est bête, pour la fête des rois on ne sera pas en famille…», puis de suggérer d’un air innocent qu’à défaut, on peut au moins se manger une galette à la frangipane.

Le «backlash» de tout ça, c’est qu’après il faut se fader tous les gens qui se sont goinfrés aussi et qui viennent râler après : «oh, j’ai pris deux kilos, c’est horrible». Y compris des gens minces qui sont toujours aussi minces et qui viennent pleurer parce qu’ils ont pris un peu de gras.

Là, en tant que grosse, je serais, politiquement parlant, censée être tolérante et dire que oui, tout le monde a un rapport au corps différent et qu’effectivement ça peut être traumatisant de ne plus pouvoir rentrer dans du 36, mais franchement, j’estime qu’à force de ne pas trouver de fringues à ma taille, de me faire emmerder par les médecins et par la société de façon plus générale, et de me sentir comme une merde parce que je fais du XXL, j’ai gagné le putain de droit de ne plus avoir à entendre les jérémiades des minces n’ayant pas de trouble du comportement alimentaire, et qui, s’ils/elles sont vraiment si traumatisé/e/s que ça par leurs 500 grammes de trop, n’ont qu’à me filer leur part de bûche plutôt que de se plaindre.

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